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Des Nouvelles du Front cinématographique

Des nouvelles du front cinématographique, comme autant de prises de positions, esthétiques, politiques, désigne le site d’un agencement collectif d'énonciation dont Alexia Roux et Saad Chakali sont les noms impropres à définir sa puissance, à la fois constituante et destituante.
Sandrine Bonnaire errant dans la nature dans Sans toit ni loi
Rayon vert

« Sans toit ni loi » d'Agnès Varda : À quoi marche le refus sans relève

16 juillet 2020
En parallèle à notre interview de Saad Chakali autour du n°66 de la revue Éclipses consacré à Agnès Varda, Des Nouvelles du Front revient sur Sans toit ni loi. Varda y suit le tracé discontinu de la trajectoire de vie erratique d'une vagabonde météorique qui s'appelle Mona. Trouvé dans le fossé, l'astre mort d'une jeunesse chue d'un désastre obscur irradie cependant encore. Sa lumière fossile est une marche à contre-courant éclairant comment le froid des années d'hiver aura médusé les itinérances contestataires et pétrifié les fugues libertaires héritées de la décennie précédente.
Agnès Varda et ses reflets dans le mirroir dans Les Plages d'Agnès
Interview

Interview de Saad Chakali autour du n°66 de la revue Éclipses consacré à Agnès Varda

13 juillet 2020
Saad Chakali a coordonné le n°66 de la revue Éclipses consacré à Agnès Varda. L'occasion était idéale de revenir avec lui sur les différentes perceptives travaillées par l'ensemble des contributeurs, ce qu'il a (re)découvert ou encore sur l'idée de bonheur qui traverse l’œuvre de la cinéaste. Mais aussi, dans une perspective critique, sur ce qui pourrait laisser sur le carreau certains spectateurs : la présence du personnage-Varda à l’écran et les « vagabondages poétiques » de la cinéaste qui se suffiraient à eux-mêmes en devenant la fin du processus créatif.
Samuel L. Jackson et Kurt Russell dans la forêt dans Les Huit Salopards
Critique

« Les Huit Salopards » de Quentin Tarantino : L'hommage du vice à la vertu jusqu’à l’abus

4 juin 2020
Après « Django Unchained » (2012), « Les Huit Salopards » prouve que Quentin Tarantino s'est imposé dans la première moitié des années 2010 comme l'auteur incontournable du nouveau western à Hollywood. Si et seulement si le vertueux classicisme d'antan n'est plus qu'une barbaque mordue avidement par les mâchoires carnassières du post et du méta. Au fond des êtres parlants gît l'horreur des prédateurs usant sournoisement de la salive avant de faire couler abondamment le sang : c'est le credo tarantinien mais l'hommage du vice à la vertu est plus vicieux encore quand sa morale est viciée jusqu'à l'abus.
Isabella Rossellini et Dennis Hopper dans Blue Velvet
Esthétique

« Blue Velvet » de David Lynch : Le bouche à oreille du sentimental et de l’obscène

25 mai 2020
Dans « Blue Velvet », lèvres et paupières s’apparentent à d'étranges et pénétrants lever et baisser de rideaux, en rouge et bleu, velours et épiderme, cosmétique et organique, toile de Francis Bacon et théâtre de la cruauté, nostalgie des années 1950 et pornographie des années 1980. Fétichiser une période comme celle de l’enfance de David Lynch, c’est pour toute une société la revêtir après coup du velours d’un rêve bleu comme la fleur de Novalis. Mais c’est une peau de lapin qui se retourne en épiderme chauffé et bleui sous les coups de la violence des patriarches et des maris. L’American Way of Life n’est un cliché remis en mouvement qu’avec le grouillement secret de sa vermine, dont les plis n’ont pas moins de sentimentalité que d’obscénité.
Slimane Benouari dans le désert dans Abou Leila
Critique

« Tlamess » et « Abou Leila » : L'émotion des mues

6 mai 2020
De l'autre côté de la Méditerranée, le cinéma a des jouvences dont les éclats en ragaillardissent l'idée. Deux films de fiction héroïques, un second long-métrage tunisien (« Tlamess ») et un premier long-métrage algérien (« Abou Leila »), longent la frontière des carcans nationaux pour y ouvrir des horizons où le mythe dispute aux ossuaires passés et présents la possibilité utopique d'une revitalisation de l'existant, comme désertion et comme réinvention.
Akemi Negishi danse au milieu des hommes dans Fièvre sur Anatahan
Rayon vert

« Fièvre sur Anatahan » de Josef von Sternberg : La douleur de l'unique, de l'une et du multiple

2 mai 2020
« Anatahan » fièvre (pour le titre français) ou saga (pour le titre original) ne déroge pas à la règle garantissant à qui lui obéit d'être le sujet d'une exception : tout film de Josef von Sternberg est un monde, moins soumis aux conventions de la mimesis qu'à la jungle des obsessions de son démiurge. Tout film est un monde dont la nature est une sur-nature en excès aux conventions réglées du réalisme mimétique. Tout film est un monde d'artifices dont la mise en forme propose cette étrange exploration destinant à rendre visible l'entrelacs obscur des fantasmes qui en irrigue le luxuriant déploiement démiurgique. « Anatahan » constitue pour la saga sternbergienne sa quintessence testamentaire et autiste, solitaire et onirique jusqu'à atteindre un degré sublime d'onanisme.
Hiroko Ôshima et Claude Maki sur la plage dans A Scene at the sea
Rayon vert

« A Scene at the Sea » de Takeshi Kitano : Pas d'autre horizon que l'horizon (carré gris sur fond gris)

25 avril 2020
Troisième long-métrage de Takeshi Kitano, « A Scene at the Sea » qui prend place entre « Jugatsu » (1990) et « Sonatine » (1993) pourrait bien proposer en regard de toute l'œuvre, malgré le délitement dont témoignent ses derniers prolongements, l'épure précoce concentrant à l'essentiel la vérité du geste obsessionnel qui la caractérise.
L'inconsolable de Jean-Marie Straub
Esthétique

« L'Inconsolable » de Jean-Marie Straub : Les voix inhumaines

5 avril 2020
L'inconsolable, d’abord constellation de courts-métrages qui porte comme titre exemplairement générique celui de l'un d'entre eux, est aussi et surtout cet héritier turbulent ruant dans les brancards de l'héritage en privilégiant une esthétique du dissensus. Celui dont la fidélité va jusqu'à inclure la réaffirmation des clivages et des blessures, parfois même en faisant jouer le sens des textes en excès des intentions de leurs auteurs. Dans l’œuvre de Straub, fidèle à Huillet, le sens est ce qui patiemment se cultive : il requiert des spectateurs qu'ils soient moins herméneutes que paysans.
Glenn Close et Jeremy Irons à table dans Reversal of Fortune
Le Majeur en crise

« Le Mystère von Bülow » de Barbet Schroeder : Diamant noir

21 mars 2020
À partir d'un fait divers ayant défrayé la chronique judiciaire au mitan des années 1970-1980, « Le Mystère von Bülow » de Barbet Schroeder tient les deux grands versants du jeu social : le formalisme juridique, rappelant au droit que sa vérité tient des verdicts, c'est-à-dire moins de la vérité que d'un régime qui est celui de la véridicité ; le formalisme des rôles sociaux, qui sont des masques d'ambiguïté derrière lesquels il n'y a personne, sinon un sujet qui est toujours plus et moins que lui-même.
Marina Otero et les négatifs de ses photos dans Histoire d'un regard
Rayon vert

« Histoire d'un regard » de Mariana Otero : Sept fois Gilles Caron

4 mars 2020
« Histoire d'un regard » est l'histoire de l'apprentissage d'un secret. Dans les photographies de Gilles Caron regardées par Mariana Otero se tissent à la fois le récit d'intimes nœuds affectifs et la fiction des nouages subjectifs de l'extimité. Il y a de la hantise qui trame le texte des subjectivités et le textile des images en relance la navette qui est celle du désir de poursuivre dans la suite du monde et l'aventure des regards, à la fois tissage et apprentissage.
Bobi Jewell (Kathy Bates) en larmes dans les bras de son fils (Paul Walter Hauser) dans Richard Jewell
Le Majeur en crise

« Le cas Richard Jewell » de Clint Eastwood : L'anomalie héroïque

23 février 2020
Les héros paradoxaux d'un héroïsme désœuvré obsèdent toujours plus le cinéma de Clint Eastwood à l'âge de son crépuscule : Richard Jewell est en effet un héros possédé par cette mélancolie d'un héroïsme qui n'est plus qu'une possibilité à l'époque du tournant parodique des grandes institutions de la démocratie en Amérique, au point d'apparaître pour elles comme une anomalie à clouer au pilori.
Le couple dans l'herbe dans Une vie cachée
Critique

« Une vie cachée » de Terrence Malick : Bulles de savon et plafond cathédrale

5 février 2020
Avec « Une vie cachée », le cinéma de Terrence Malick ne retrouve pas la tension féconde entre le paradis intemporel de l'amour et la griffe de l'histoire qui le nourrissait de « Badlands » à « Tree of Life » : empesé d'une religiosité abondamment soulignée dans une grande forme jouant pendant trois heures les grandes orgues, « Une vie cachée » ne se donne que comme l'église de ceux qui n'en ont pas.
Hodaka et Hina devant le soleil dans Les Enfants du temps de Makoto Shinkai
Rayon vert

« Les Enfants du temps » de Makoto Shinkai : Une île en plus pour l'archipel oublié

23 janvier 2020
Après le succès commercial historique de « Your Name. », Makoto Shinkai poursuit l'idée romantique de l'amour comme folie : « Les Enfants du temps », entre pompe et pop, aborde une adolescence entendue comme âge cosmique, radicalité, puissance insulaire de déstabilisation.
Catherine Deneuve et Juliette Binoche dans La Vérité
Critique

« La Vérité » de Hirokazu Kore-eda : Mort sur ordonnance par redondance

20 janvier 2020
En entretenant une rente envers la cinéphilie bourgeoise estampillée de francité, « La Vérité » de Hirokazu Kore-eda obéit à une économie qui échange les intenses crépitations de l'art contre les gages culturels d'une œuvre confortable et conformiste qui offre à Catherine Deneuve un repos mérité dans le moelleux de sa légende dorée.
Robert Pattinson et Willem Dafoe devant le phare dans The Lighthouse
Critique

« The Lighthouse » de Robert Eggers : Larmes de gland

15 janvier 2020
Passé l'effet de sidération, « The Lighthouse » laisse place à la consternation devant l'œuvre d'un démiurge qui se borne à exhiber les signes de sa bonne conscience culturelle, de la littérature au cinéma.
Denis Ménochet dans Seules les Bêtes
Critique

« Seules les bêtes » de Dominik Moll : Si loin cyber s'y perd

1 janvier 2020
En vouant à la peine tous les personnages mortifiés pour nourrir la commisération globale du spectateur, « Seules les bêtes » de Dominik Moll ne dépasse pas la triste télé-vision de la misère.
Fanny et Alexandre dans le film d'Igmar Bergman
Esthétique

« Fanny et Alexandre » d'Ingmar Bergman : L'enfance des images (déjà des mystères, bientôt des hantises)

30 décembre 2019
De l'imagination enfantine aux mises en scène des images sur la scène du théâtre d'Uppsala et au-delà dans « Fanny et Alexandre » d'Ingmar Bergman. Analyse en trois parties : éducation d'un regard, image-mystère (I et II), image-hantise (I et II).
Elia Suleiman devant la mer dans It Must Be Heaven
BRIFF

« It Must Be Heaven » de Elia Suleiman : Palestiniens partout, Palestine nulle part

11 décembre 2019
« It Must Be Heaven » d’Elia Suleiman parle de la Palestine comme d'un "dépays" comique et mélancolique dont la circonférence serait partout et le centre nulle part ; et des Palestiniens comme une espèce en voie de disparition tandis que monte un devenir-palestinien global.
Robert De Niro et Al Pacino dans The Irishman
Critique

« The Irishman » de Martin Scorsese : Le traître, le dernier des hommes

8 décembre 2019
Analyse de « The Irishman » de Martin Scorsese, une triple tragédie de la vieillesse narrée par le mafieux Frank Sheeran, l'homme au profil bas.
La mort en ce jardin de Luis Buñuel
Le Majeur en crise

« La Mort en ce jardin » de Luis Buñuel : Civilisés, barbares, sauvages

5 décembre 2019
« La Mort en ce jardin », film mineur d'un auteur majeur, offre à quelques archétypes du cinéma de genre, tels que l’aventurier brutal et cynique, la femme-enfant vierge et innocente, une voie de sortie en forme souveraine de robinsonnade réinventée.
Emily Beecham dans son laboratoire dans Little Joe
Critique

« Little Joe » de Jessica Hausner : La petite clinique des erreurs

24 novembre 2019
Si Jessica Hausner continue avec « Little Joe » son travail de sape de l’eudémonisme comme idéologie de notre temps d’après les idéologies, ça n'est pas sans rejoindre la catégorie des films d’auteur qui anémient les genres populaires en les mortifiant de la morgue de leur intellect à court d'idées.
J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin
Le Majeur en crise

« J'ai perdu mon corps » de Jérémy Clapin : Une lecture chiromantique

14 novembre 2019
Variations sur la main de « J'ai perdu mon corps », tantôt animalité mobile et nomadique lancée dans des danses métamorphes, tantôt objet partiel redevenu le membre fantôme d'un organisme mutilé.
Pierfrancesco Favino dans Le Traître
Le Majeur en crise

« Le Traître » de Marco Bellocchio : Cosa Nostra, notre chose, votre faute, ma cause

6 novembre 2019
Retour sur les multiples facettes, mineures et majeures, de la trahison dans « Le Traître » et le cinéma de Marco Bellocchio.
Joaquin Phoenix prépare son show dans Joker
Critique

« Joker » de Todd Phillips : Pitreries du nihilisme

17 octobre 2019
Triste sire du ressentiment devant ses prédécesseurs comique ou inquiétant, ce joker n'a pour royaume que le nihilisme réactif d'un pitre – à la réserve de l'un ou l'autre indécidable sauvés du naufrage.
Nikolaj Coster-Waldau et Carice van Houten dans Domino
Le Majeur en crise

« Domino » de Brian De Palma : Tomates pourries

12 octobre 2019
Film blessé, « Domino » de Brian De Palma ne manque pas de charrier une série d’effets pervers : critique d’une pornographie du temps présent.
Brad Pitt dans Ad Astra
Critique

« Ad Astra » de James Gray : Per monstra, père monstrueux

11 octobre 2019
La force des films de James Gray consiste notamment dans la douce inquiétude d’un regard mélancolique qui désamorce l’hystérie caractéristique du roman névrotique familial. « Ad Astra » n'y déroge pas, quand bien même relève-t-il pleinement du familialisme comme idéologie conformant le régime de représentation hollywoodien.
Marlon Brando dans Le Parrain
Esthétique

« Le Parrain » I, II & III de Francis Ford Coppola : Damnation

8 octobre 2019
Une analyse du Parrain de Francis Ford Coppola à la hauteur de la saga : dans le sang mêlé des histoires du cinéma, de la famille et de la mafia.
Perdrix de Erwan Le Duc avec Maud Wyler et Swann Arlaud
Critique

« Perdrix » de Erwan Le Duc : Le Perdreau et l'Arbrisseau

6 octobre 2019
À finalement jouer la rengaine du sentimentalisme pour son « Perdrix », Erwan Le Duc déforce la charge historique et politique initiée par une rencontre aussi improbable qu'amoureuse dans les Vosges.
Le clown dans le palais des glaces dans Ça : Chapitre 2
Critique

« Ça » d’Andrés Muschietti : Des enfants et leurs parents – et le clown qu'il y a entre eux

15 septembre 2019
Derrière le masque numérique et plâtreux du clown éructant de « Ça » se rappelle une mémoire pharmacologique de l'enfance : celle de combats contre des dragons imaginés depuis le trou noir d'un ordre parental dysfonctionnel et diabolique.
Helmut Berger dans la forêt de Liberté
Critique

« Liberté » d'Albert Serra : Le crépuscule des idoles

12 septembre 2019
Grevé par un dandysme moignon, « Liberté » d'Albert Serra égrène ce qu'il reste de transgression à une époque du capitalisme tardif où celle-là n’a plus cours, sinon dans les manières consensuelles et festives de sa simulation.
Lisa Bowman et Larry Fessenden dans River of Grass
Le Majeur en crise

« River of Grass » de Kelly Reichardt : « Evergladed »

9 septembre 2019
Analyse de « River of Grass » de Kelly Reichardt : comme le remake minimaliste et désenchanté, drôle et inventif de toute une tradition cinématographique du road-movie criminel.
Lana Turner dans Mirage de la vie
Esthétique

« Mirage de la vie » de Douglas Sirk : L'or et l'oraison

2 septembre 2019
Au couchant du vieil Hollywood pour lequel Douglas Sirk célèbre alors une oraison, se lève un nouveau soleil, l’or des subalternes qui, le temps est venu désormais, passeront enfin de l’autre côté du contrechamp. Glorieusement.
Une scène de pêche près du phare dans Herbes flottantes d'Ozu
Rayon vert

« Herbes flottantes » de Yasujirô Ozu : Le Phare et la Bouteille

12 août 2019
« Herbes flottante » raconte une triple disparition, celles de : l’autorité patriarcale d’un chef, la survie d’une mauvaise troupe de théâtre traditionnelle et la possibilité pour un homme de pouvoir se réconcilier avec son fils.
Bernhard Goetzke et Lil Dagover dans Les Trois lumières de Fritz Lang
Rayon vert

« Les Trois lumières » de Fritz Lang : La responsabilité d'avoir un destin (ni un drame, ni une fatalité)

13 juillet 2019
Entre archaïsme et modernité, allégorie surannée et dispositif meta moderne, « Les Trois lumières » du démiurge Fritz Lang met son héroïne à l’épreuve morale d’une conversion de la fatalité en destinée – amor fati.
Doria Tillier et Alka Balbir dans Yves de Benoit Forgeard
BRIFF

« Yves » de Benoît Forgeard : L'ennemi le plus intime

6 juillet 2019
Depuis la critique potache d'un monde où le capitalisme relève de l'air conditionné, et de l'évaluation des ambivalences de ce tiers démoniaque incontournable qu'est l'intelligence artificielle, « Yves » de Benoît Forgeard propose sur le fil – cronenbergien – un nouvel agencement du désir et de la libido.
Le Daim de Quentin Dupieux
Le Majeur en crise

« Le Daim » de Quentin Dupieux : L'Arc du délire (bandé par le délire de l'autre)

22 juin 2019
Monté sur une cinéphilie taxiderme nourrie de l'inerte, tout en raccords avec l’américanisation du monde comme réification, désertification et « californication », « Le Daim » de Quentin Dupieux s'ouvre à une rêverie mélancolique sur la possibilité du cinéma à l’heure très réelle de la « cinématographie générale ».
Parasite de Bong Joon-ho
Critique

« Parasite » de Bong Joon-ho : Charge de la farce, Décharge de la grâce

7 juin 2019
Avec « Parasite », Bong Joon-ho expose la nature délirante des rapports sociaux dans une somptueuse et joyeuse fête carnavalesque.
Sybil (Virginie Efira) à la fête de fin de tournage
Critique

« Sibyl » de Justine Triet : La Machine de Déception Hystérique

5 juin 2019
Analyse du film « Sibyl » de Justine Triet au départ de l'hystérie, cette machine qui tourne à vide, dépolitise tout et laisse la tristesse durer toujours.
Ella Smith et Justing Salinger dans Ray & Liz
BRIFF

« Ray & Liz » de Richard Billingham : La Maison du bonheur

31 mai 2019
Étranger à tout misérabilisme, au naturalisme plus contrarié que contrariant, Ray & Liz de Richard Billingham relève à travers le temps quelques affects et souvenirs passés par une banlieue de Birmingham sous le néolibéralisme de Margaret Thatcher.
Le Bateau Phare de Jerzy Skolimowski (1985)
Rayon vert

« Le Bateau phare » de Jerzy Skolimowski : L'exil du paria comme une île

18 mai 2019
Sous couvert du huis-clos maritime d'un Bateau Phare immobile, Jerzy Skolimowski fait affleurer les vies insulaires de ses personnages : des gangsters théâtraux et immatures au paria en exil tenant le cap de mystérieux principes.
Les trois actrices au lit dans Que le diable nous emporte de Jean-Claude Brisseau
Critique

« Que le diable nous emporte » de Jean-Claude Brisseau : Le maître du logis et son refuge comme une caverne

12 mai 2019
En raison de ses démons, la construction du conte moral proposé par « Que le diable nous emporte », aussi savante soit-elle dans une stratégie des apparences théorématiques voilant cependant un credo axiomatique, ne sort résolument pas de la « pensée straight ».
Armurier dans Monrovia Indiana de Frederick Wiseman
Critique

« Monrovia, Indiana » de Frederick Wiseman : La spéléo des sphères

11 mai 2019
« Monrovia, Indiana » est particulièrement affecté par un paysage dévasté : Frederick Wiseman n'a rien d’autre à proposer face à la victoire du camp réactionnaire que le tableau réactif de la petitesse triomphante, répondant au ressentiment des vainqueurs par le ressentiment mimétique des vaincus. 
Laurent Lafitte dans Paul Sanchez est revenu de Patricia Mazuy
Critique

« Paul Sanchez est revenu ! » de Patricia Mazuy : Le Chaudron du fait divers (et ses marmitons)

4 mai 2019
Reconnaissance symbolique, pulsion de mort, auto-intoxication fantasmatique : « Paul Sanchez est revenu ! » de Patricia Mazuy est travaillé par une série de figures majeures et tristes du désir contemporain. Peut-être moins drôles que terrifiantes, à la fin. Analyse.
Sport de filles de Patricia Mazuy (2011)
Critique

« Sport de filles » de Patricia Mazuy : À hue et à dia (de la fiction et du documentaire)

1 mai 2019
La rencontre de Marina Hands et de Bruno Ganz, pour une articulation salvatrice entre une puissance d’intensification physique et psychique de l’existence individuelle et un support de socialisation collective et de discipline des corps.
Peu m'importe si l'histoire nous considère comme des barbares de Radu Jude (2018)
Critique

« Peu m'importe si l'Histoire nous considère comme des barbares » : Tragédie de l'Histoire, farce noire de la mémoire

14 avril 2019
D'une tragédie de l'histoire, de la farce noire de la mémoire : étude critique de la représentation à l'épreuve de l'histoire dans « Peu m'importe si l'histoire nous considère comme des barbares » de Radu Jude.
Ragtime de Milos Forman
Le Majeur en crise

« Ragtime » de Milos Forman : Pompiers pyromanes

4 avril 2019
Film majeur menacé par l'académisme décoratif autant que film mineur peuplé d'impromptues réjouissances, « Ragtime » de Miloš Forman s'avance pareil à son titre : syncopé.
Synonymes de Nadav Lapid (c) Guy Ferrandis / SBS Productions)
Rayon vert

« Synonymes » de Nadav Lapid : Des pays dépaysés

29 mars 2019
Au dépays de Yoav, le paria de « Synonymes », Nadav Lapid construit une critique mi-tragique mi-rieuse de la culture comme colonialité et la langue comme obscénité, toutes deux expropriatrices.
Critique

« Grâce à Dieu » : « Je sais bien, mais quand même »

2 mars 2019
À l'œuvre dans « Grâce à Dieu » de François Ozon, le déni soutient à la fois le pacte cinématographique et un consensus social en forme de pacte idéologique. Et l'un de rendre gorge à l'autre, par des voies qui se soutiennent plus d'une éthique de l'esthétique que du civisme.
Le Château de Cagliostro
Critique

« Le Château de Cagliostro » de Miyazaki : L'Horlogerie interne du Démiurge

17 février 2019
Avec le Château de Cagliostro, paru sur les écrans japonais en 1979 et qui connait 40 ans après sa première sortie dans les salles françaises, Hayao Miyazaki met en forme les trois grands principes de son cinéma d'animation : le machinisme, le syncrétisme et l'ambivalence démiurgique.
"Tata", alias Clint Eastwood dans La Mule
Critique

« La Mule » de Clint Eastwood : La Fleur de son secret

31 janvier 2019
Avec La Mule, Clint Eastwood revient au cœur de son cinéma, ce héros intouchable et impitoyable, têtu comme une mule parce qu’il est demeuré fidèle à l’exception d’une loi au-delà de la loi, dont la lettre ne s’écrit pas.
Un contrôle d'identité dans Donbass
Critique

« Donbass » : L'enthousiasme au pas (de charge)

26 janvier 2019
Donbass de Sergeï Loznitsa est comme une poupée gigogne traditionnelle russe, une matriochka où s’emboîtent la réalité carnavalesque du nihilisme russe, une tentation fellinienne à la caricature et, malheureusement, un enthousiasme lesté d'idéologie.